Réflexions

Franco, le maire et le carnaval

Là où il a survécu jusqu'au XXe siècle, le carnaval garde sont mordant social. L'une des premières lois édictées lors de la Guerre civile espagnole par le gouvernement de Franco visait à interdire le carnaval. Pendant tout le reste de la guerre, quiconque était arrêté portant un masque dans une zone non contrôlée par les républicains s'exposait à une peine sévère. Très amoindri, le carnaval n'en a toutefois pas pour autant été éliminé. Et lorsque la loi martiale a été levée, «les gens de Fuenmajor ne voulaient pas y renoncer, et ils ont commencé à chanter leurs insultes depuis leur cellule». «Personne ne peut nous enlever le carnaval, pas même le pape, ou Franco, ou même Jésus en personne», disent-ils à Fuenmajor. Comme Franco l'avait bien compris, le carnaval et les masques constituent toujours une menace potentielle. Après tout, Rabelais, qui était jésuite, a bien dû fuire la France pendant un temps pour avoir écrit dans une veine carnavalesque, et son ami Étienne Dolet, qui disait à peu près la même chose que lui mais sous une forme moins déguisée, a quant à lui finit sur le bûcher.

James C. Scott, La domination et les arts de la résistance

Carnaval Vénitien d'Annecy 2010, une photo de Flou-Net (cc by-nc 2.0)

Albertine, la grève étudiante et moi

Depuis le début des manifestations étudiantes, mon militantisme et mon appui aux revendications se sont exprimés dans un autre espace de moi-même, un espace dans lequel je suis une professionnelle qui travaille dans le milieu universitaire. Les quelques publications d'Albertine Bouquet ces derniers temps dans Facebook et Twitter m'ont donné envie de réfléchir un peu ici.

Le patriarcat est rarement — voire, jamais — un choix politique conscient

Car, pour se détacher d'un mouvement dans lequel on est pris, il est nécessaire de le comprendre, d'en analyser les rouages et de ne pas en sous-estimer l'emprise. Une manière de mettre en pratique le fameux «Connais-toi toi-même». Car nous ne sommes pas faits seulement de nos traits individuels. Nous sommes également faits de l'impensé culturel que nous avons assimilé sans le savoir, qui a façonné notre moi-idéal et fourni à nos désirs une trame socialisée.

François Flahaut, Le crépuscule de Prométhée; contribution à une histoire de la démesure humaine

«I hate you for making me do this to you»

Dans Project Unbreakable, Grace Brown photographie des victimes d'agression sexuelle. Dans leurs mains, un carton indique ce que leur agresseur leur a dit au moment du crime.

L'oeuvre est forte, dérangeante, troublante. Le mot «choquante» lui a été associée. L'oeuvre n'est pas choquante. Ce qu'elle représente, oui, mais pas l'oeuvre elle-même.

Féminisme et net art, un même combat?

J'ai écouté La sphère à Radio-Canada. Parce qu'il y était question de net art. Et qu'une copine y était invitée pour en parler.

Et j'ai ragé.

La copine est vraiment très, très, très calée en net art. Mais l'animateur lui posait des questions dans lesquelles il y avait déjà des réponses. Bref, il semblait avoir son idée du net art et vouloir se la faire confirmer pas son invitée. Plutôt que d'écouter ce qu'une des rares spécialistes du sujet avait à dire. Vraiment dommage.

Pourquoi a-t-on peur de la sexualité?

La question est honnête. Je me demande sincèrement pourquoi on a peur de la sexualité.

Dernièrement, j'ai découvert la série Hard sur Tou.tv. Or, depuis quelques jours, la série n'est disponible que de minuit le soir à 4 heures du matin, en cohérence avec les «politiques programmes» de Radio-Canada et «afin de s'assurer que la série HARD ne soit pas vue par des enfants». Cela fait suite, semble-t-il, à un déluge de commentaires faits à la société d'État par le premier ministre, le ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles, de même que plusieurs ministres de tous les partis.

Un fil RSS pour les commentaires

Parce qu'il se trame des choses fort intéressantes dans les commentaires de la dérvie photo (section Black Box HCB), j'ai installé un fil RSS pour les commentaires. (On prie pour que ça ne brise rien dans le site, c'est la version développement du module!)

Se raconter des histoires

D'entrée de jeu, dans sa conférence, Tyler Cowen annonce qu'il faut se méfier des histoires. Du coup, je me méfie de Tyler Cowen. Après tout, je suis une avatar littéraire. Les histoires sont ma raison d'être.

Mise à jour et nouveau visuel

Voilà, pour la première fois en plusieurs mois, années (le temps que Drupal passe de 6.14 à 7.10!), je mets mon installation à jour.

Notes to self. 1) Faire les mises à jour régulièrement. 2) Ne pas croire les gens qui disent que c'est tellement compliqué.

J'en ai profité pour revoir la grille graphique et la structure du site. Dans tous les cas, j'ai visé plus de simplicité. Et j'ai mis de l'avant les projets du moment.

Fragments

J'inaugure une nouvelle série. Enfin, ce qui pourrait devenir une nouvelle série. Pour le moment, c'est un texte. Un fragment.

Fragment et série sont des constantes ici.

Je n'ai jamais écrit que des fragments. Au mieux, je donne dans la nouvelle. Je n'ai pas du tout l'étoffe d'une romancière fleuve.

«Série» n'est probablement pas le bon mot. Ce sont des projets avec contraintes plus ou moins contraignantes.

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