
Je sors la jambe de dessous les couvertures et je cogne massivement sur le plancher. Le bruit cesse. Alléluia.
Au début, quand mes voisines et voisins de dessous se faisaient trop bruyants pour que je puisse dormir en paix, je prenais la peine d'aller les voir. J'ai dû faire les mêmes demandes aux quatre colocs. Souvent plus d'une fois. Z'avaient oublié. Ou z'avaient oublié d'avertir les autres colocs.
Le coup de pied au plancher donne les mêmes résultats qu'une visite, mais je n'ai pas à m'extirper de la chaleur de mon lit ou à m'habiller pour aller demander paix et tranquillité once again.
Cette fois, une des colocs n'est pas contente. Elle sonne à ma porte. Je m'extirpe de la chaleur de mon lit, m'habille, vais répondre.
— Je me demandais si vous alliez bien parce que j'ai entendu des coups?
Jeune fille, j'ai plusieurs années d'avance sur l'usage du sarcasme, ça ne fonctionnera pas avec moi.
— Okay, on est quatre, mais on est pas bruyants.
Vraiment, tu m'en diras tant? Elles et ils sont étudiants en musique et pratiquent à la maison.
— C'est pas comme si on faisait la fête à tous les soirs!
Devrais-je être reconnaissante qu'on ne me dérange pas constamment mais seulement à quelques moments dans la semaine?
Les arguments à la con s'accumulent les uns après les autres. J'en ai marre. Je claque la porte en plein milieu d'une de ses phrases.
Je suis, désormais officiellement, la voisine folle du dessus.
• Mad woman at Milan canal, une photo de BabyDinosaur (cc by-nc-sa 2.0)