Été 2001, New York

Nous passons notre temps à nous dérober à nos collègues, à nos obligations, à nos activités. Nous nous retrouvons dans son bureau, au théâtre, dans le bureau que mon directeur de thèse me prête, à son hôtel, dans d’autres hôtels, chics ou miteux, dans des restaurants, des cinémas, des parcs, des cafés, des taxis, des ruelles, des toilettes publiques, chez moi. Nos corps ignorent les lieux, font fi des matières sur lesquelles on les étend, on les pose, on les appuie. Seules la proximité, l’intimité du corps de l’autre les intéressent.

Nous parlons beaucoup au début. Pour demander à l’autre ce qui l’enflamme, ce qui l’excite, ce qui lui fait envie. Pour dire ce que nous aimons, voulons, désirons. Puis, avec les jours, les semaines qui passent, nous nous connaissons suffisamment pour nous passer de mots. Nous ne les prononçons que pour accompagner nos ébats d’un discours érotique, pornographique, pour l’ambiance, le rituel, le plaisir.

Nous connaissons nos corps, nos désirs, nos envies, nos passions par cœur et, pourtant, nous trouvons moyen de nous surprendre, de nous réinventer, de nous revisiter.

Je n’écris pas ma thèse et je m’en fous. Je ne suis qu’un corps bandant, désirant, jouissant. Je cultive l’orgasme comme d’autres cultivent leur intelligence, leur intellect, leurs quelconques dons. Lui et moi abordons nos rencontres comme un art précis, fin, recherché. Un art auquel il faut se consacrer totalement, entièrement, pour en cueillir les fruits délicats, exquis.

Commentaires

"Je cultive l'orgasme"

"Un art auquel il faut se consacrer totalement, entièrement"

Voilà qui me plaît !

Contente que ça vous plaise. :^)

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