Mardi 11 septembre 2001, 9 h 03, 301 Park Avenue, New York
La paume de sa main s’ouvre, ses doigts s’enroulent sur eux-mêmes. Son poing est complètement en moi, dans mon con. Mon corps entier est replié, lové autour de ce poing. Ma bouche est béante, aucun son n’en sort. J’avale l’air à grande lampée. Des battements vigoureux animent mes nymphes, mes grandes lèvres, mon clitoris, ma chatte, mes cuisses, mes reins, mon corps. La sueur perle sur chaque centimètre de mon épiderme, caressante, enivrante.
Très délicatement, presque imperceptiblement, il tourne son poing. Ses mouvements me submergent de milliers d’ondes sismiques. Pendant de longs moments, j’oublie de respirer, concentrée sur la jouissance, le plaisir, la volupté.
En serrant et desserrant les doigts, il fait de sa main un cœur qui bat doucement. Mon cœur à moi bat la chamade, s’emballe, trépigne, veut exploser. Mes muscles se tendent, bandent, arquent et cambrent mon corps selon des angles inconcevables, inimaginables.
Il prend son temps, s’ajuste aux réactions de mon corps, aux rythmes de ma respiration. Il n’y a pas de mots assez précis pour décrire ce que je ressens, ce qui se passe en moi. C’est comme s’il arrivait à m’étreindre entière de l’intérieur. Comme s’il effleurait chaque terminaison nerveuse de mon corps avec un doigté de virtuose. Comme si, entre le monde et moi, il y aurait pour toujours sa présence envoûtante, réconfortante, jouissive.
Plus tard, il déposera sa tête sur mon ventre. Il allongera ses doigts, lentement, repliera sa paume sur elle-même, et, toujours aussi lentement, retirera sa main de ma chatte. Je poserai mes deux mains de chaque côté de sa tête et j’enroulerai mon corps autour du sien, tentant d’abolir l’espace trop grand qui se sera installé entre nos peaux, nos corps, nos existences.

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