Couguar

Étienne devra encore attendre

Le wapiti est flambant nu sous le rayon de soleil qui pénètre par le puits de lumière. Il a les petits yeux de la bête qui vient de se réveiller, le visage en plein soleil. Sa blondasse tignasse emprunte des accents roux à la lumière du pas si petit matin que ça. Sa candeur matinale est tout à fait charmante. Convoitise.

Le wapiti se tient debout, torse nu, dans le cadre de la porte. Sa peau est luisante de chaleur; son visage, rouge d'effort. Il vient de s'offrir cinquante minutes de vélo sous trente degrés centigrades. Son corps, sa respiration, son regard rappellent ceux de l'animal qui a chassé sa proie, poursuivi sa femelle un certain temps et qui contemple maintenant la victoire toute proche. Le battement de son corps est d'une beauté certaine. Désir.

Zone érogène XIV

Je flotte dans un état de quasi inconscience. Sa main repose paresseusement sur mon sein, ses doigts en chatouillent la pointe; sa bouche est posée près de mon oreille, sa langue en lèche, presque distraitement, le pourtour. Dans cette absence partagée de volonté ferme, mon désir se réveille. Comme une bête. Une foudre inattendue. Mon corps se love au creux du sien, palpitant, demandant, exigeant.

Réminiscence

Le wapiti et moi prenons un verre. Du scotch, pour être précise. On refait connaissance, en quelque sorte, comblant les vides de présence par des récits plus ou moins détaillés sur nos vies respectives.

Pendant un presque silence, il pose délicatement une main au centre de ma cuisse. Ses doigts sont caressants, enveloppants. Il pose l'autre main sur l'autre cuisse. Je sens le désir d'empoigner, de remonter vers le centre de mon corps. Mes muscles tremblent subtilement sous ses caresses.

Je cesse de parler. J'ai une folle envie de lui. Toute de suite maintenant là là.

Reconnaissance

À côté de mon nouveau chez-moi, il y a un cégep. Chaque soir, quand je rentre du boulot, je me tape une cohue d'élèves. Ma presque quarantaine peine parfois à se frayer un chemin à contre-courant de cette masse de corps tout juste pubères.

Ce soir, en relevant la tête, je remarque un visage presque familier. Un peu lassée de ma journée, je n'y faire guère attention et je poursuis mon chemin.

Une main se pose fermement sur mon épaule, arrêtant ma progression pourtant déterminée. Je lève les yeux au ciel et je suis sur le point de me retourner pour faire face au propriétaire de la main quand une bouche se colle presque à mon oreille.

— Victoria?

Le wapiti?

Zone érgonène IX

Mon désir, après des semaines, des mois de silence obstiné, têtu, douloureux, émerge tranquillement. Dans mon ventre, dans mes tripes, dans mon bas-ventre, dans ma tête, dans mon âme, dans ma conscience et mon inconscient, dans mes rêves.

Je m'accroche aux quelques souvenirs des récentes rencontres avec Béla. L'expérience millénaire de Béla (millénaire, c'est un peu exagéré, j'avoue, mais ça sonne plus joli que bicentenaire, ce qui serait la stricte vérité — la littéraire que je suis préfère la sonorité à la signification absolue, à la référence rigoureuse). Sa langue experte, agile, leste. Sa bouche vorace, avide. La sensation à la fois exquise et étrange de ses crocs sur ma peau. Mmmmmmmmmmmmmmmm...

Je pense à Pinpon. Pinpon qui est partant pour tous les projets ludiques et lubriques, même les plus fous. Pinpon à l'imagination débordante et chatoyante. Les mains de Pinpon sur mon corps. Ses doigts le long de mes nymphes, de mes grandes lèvres. Les doigts, la main, le poing de Pinpon dans mon con. Mmmmmmmmmmm...

Fin de partie

Le wapiti chuchote à mon oreille.

— Merci de m'avoir appris comment plaire aux femmes...

Une voix traînante, langoureuse. Un air de satisfaction sur le visage.

— Je t'ai appris une façon de me plaire.

Il a maintenant l'air déçu, le wapiti. Très déçu.

— Ne fais pas cette gueule!

Moue dépitée tout de même.

Je n'ai pas envie de faire la leçon. Il comprendra bien tout seul que la seule chose qui importe vraiment, c'est la façon qu'il a eu d'entendre mes désirs et d'y répondre.

Battue

Mes jambes ne me portent plus. J'interromps les caresses du wapiti et les miennes. Je pose mon dos contre son torse, je prends ses mains dans les miennes, enlace nos bras autour de mon corps, dépose ma tête sur une de ses épaules. J'aime bien les pauses, parfois, au milieu de l'amour. Surtout sous le mode de l'étreinte presque immobile. Les seuls mouvements sont ceux, subtils, du wapiti qui dépose des bisous dans mon cou.

Entraînant le corps du wapiti avec le mien, je me couche à plat ventre sur le lit. Il se retrouve à ma gauche, sur son flanc, la main dans mes cheveux, le visage tout près du mien.

— Tu vas t'asseoir, là, à la hauteur de ma hanche. Ta main droite, tu vas la glisser entre mes jambes. Tu vas introduire ton pouce dans mon con jusqu'à ce qu'il rencontre de petites aspérités. C'est là que tu vas concentrer les caresses. Tes autres doigts vont se coller contre mon pubis. Leurs caresses répondront à celles de ton pouce ou y feront contrepoint. De ta main gauche, ta vas câliner, caresser, cajoler mon dos.

Traque

Le wapiti tremble. C'est charmant. Je suis touchée. Vraiment.

J'enlève ce qu'il me reste de vêtements.

Le wapiti est bouche bée. Et paralysé. Il me regarde avec beaucoup d'envie, il est vrai, mais aussi avec un air de je-ne-sais-vraiment-pas-quoi-faire-maintenant.

Je prends ses mains, les pose sur mon corps et les entraîne dans de sinueux parcours topographiques. Je passe du lent au rapide, et je reviens au lent. Je varie entre l'effleurement à peine ressenti et la fermeté qui laisse presque une empreinte. Quand son visage est près du mien, je pose mes lèvres sur les siennes, l'embrasse longuement ou brièvement, délicatement ou férocement. Très vite, ses mains n'ont plus besoin de guides, inventent mille et une variations savoureuses de câlins.

Hallali

D'une main, je caresse toujours sa bite, de l'autre je descends son jeans. Le wapiti a les yeux grands fermés, la bouche ouverte, le souffle court. Je m'agenouille devant lui. La hampe de sa queue est toujours entre mes doigts. Du bout de la langue, je câline son gland. Je le mets en bouche, puis le laisse glisser entre mes lèvres. L'une après l'autre, je lèche les couilles du wapiti. Je reviens à son gland. Pendant que ma langue en fait le tour, ma main va et vient doucement autour de son membre.

Je pose mes doigts fermement autour de son vit; les doigts de mon autre main vont prendre ses bourses et les cajolent délicatement. Mes lèvres se resserrent fermement autour de son membre, font succion, vont et viennent langoureusement. J'enlève un des doigts posés sur son membre, laisse sa bite entrer en moi plus profondément. Puis un autre doigt, et encore un autre. Jusqu'à ce que son vit disparaisse complètement dans ma bouche. J'accélère le mouvement.

Il commence à bouger la bassin d'avant en arrière, pose ses mains sur ma tête et fait pression. Je place mes deux mains sur ses hanches et le plaque contre le mur.

— C'est du travail de précision, tu me laisses faire...

Dépiautage

À la maison, j'ai à peine déposé mes choses que le wapiti fait preuve d'un enthousiasme monstre. En traversant le salon, il me regarde avidement, enlève son chandail et le laisse choir au pied d'un fauteuil. Quand je pose mes mains sur les siennes, il est sur le point d'enlever son t-shirt. J'affiche un sourire coquin.

— Attends. Différé le plaisir, c'est terriblement sexy.

Je place ses mains derrière son dos, les doigts entrelacés. Je lève un coin de son t-shirt et je pose un bisou délicat au creux de sa hanche. Je laisse glisser un doigt langoureux au travers de son torse. Mes mains se baladent longuement sur lui, caressant son dos à travers son t-shirt, ses cuisses, ses mollets, ses fesses à travers son jeans. L'espace entre nos deux corps est infime. J'enlève ses lunettes, prend son visage entre mes mains et embrasse tour à tour ses paupières, ses joues, sa mâchoire, son menton, ses sourcils, les ailes de son nez, ses lèvres, sa bouche.

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