Zone érogène

Zone érogène XIV

Je flotte dans un état de quasi inconscience. Sa main repose paresseusement sur mon sein, ses doigts en chatouillent la pointe; sa bouche est posée près de mon oreille, sa langue en lèche, presque distraitement, le pourtour. Dans cette absence partagée de volonté ferme, mon désir se réveille. Comme une bête. Une foudre inattendue. Mon corps se love au creux du sien, palpitant, demandant, exigeant.

Zone érogène XIII

Son cul est collé à mon pubis. Quand je caresse sa couille droite, je sens un de ses muscles frémir doucement contre mon corps. Quand je caresse sa couille gauche, un autre muscle vibre subtilement un tantinet plus loin. Quand je glisse ma main le long de sa bite, mon bassin perçoit, en provenance du sien, une fibrillation sourde. 

Je ferme les yeux. Laisse les contrepoints musculaires de son corps guider mes caresses.

Quand il jouit, je sens son plaisir résonner jusqu'au fond de mon ossature. Et c'est drôlement bon.

Zone érogène XII

Cheetah, une photo de darkman_visions

Il y a, au creux de son dos, juste au dessus de son postérieur, dans une moucheture charmante, une parcelle de longs poils dorés. Pelage fin aux effluves enivrantes. J'y pose la main, y glisse les doigts. Je l'effleure du bout du nez.

J'adore cette partie de son corps. Elle est d'une sensualité monstre. Vraiment.

Zone érogène XI

Une moitié de mon dos est occupée par le poids de son torse. Sur l'autre moitié, il glisse délicatement ses doigts. Frissons exquis; oxymore corporel.

Zone érogène X

Je suis seule, dans mon lit, un livre à la main. Un rayon de soleil vernal sur mon épaule.

Une envie de baiser, aussi soudaine qu'imprévue, m'assaille.

Je glisse une main vers ma chatte, introduit un doigt dans mon con mouillé, poursuit ma lecture. Ça ne va pas.

J'ai envie d'un corps. D'un corps autre que le mien. Pas un corps en particulier. Un corps générique. De la chair, des os, du muscle, une bouche, des mains, un bassin.

Je pose le livre et m'étend sur le ventre, les deux mains entre mes cuisses.

L'imagination est à court. Les draps demeurent des draps; les oreillers, des oreillers. Je ferme les yeux.

J'ondoie, j'ondule, je me love. Rien à faire. Mon corps, ma tête réclament de la chair.

Zone érgonène IX

Mon désir, après des semaines, des mois de silence obstiné, têtu, douloureux, émerge tranquillement. Dans mon ventre, dans mes tripes, dans mon bas-ventre, dans ma tête, dans mon âme, dans ma conscience et mon inconscient, dans mes rêves.

Je m'accroche aux quelques souvenirs des récentes rencontres avec Béla. L'expérience millénaire de Béla (millénaire, c'est un peu exagéré, j'avoue, mais ça sonne plus joli que bicentenaire, ce qui serait la stricte vérité — la littéraire que je suis préfère la sonorité à la signification absolue, à la référence rigoureuse). Sa langue experte, agile, leste. Sa bouche vorace, avide. La sensation à la fois exquise et étrange de ses crocs sur ma peau. Mmmmmmmmmmmmmmmm...

Je pense à Pinpon. Pinpon qui est partant pour tous les projets ludiques et lubriques, même les plus fous. Pinpon à l'imagination débordante et chatoyante. Les mains de Pinpon sur mon corps. Ses doigts le long de mes nymphes, de mes grandes lèvres. Les doigts, la main, le poing de Pinpon dans mon con. Mmmmmmmmmmm...

Zone érogène VIII : Memoria

J'arrive à jouir juste en pensant à lui, en me remémorant ces nombreux souvenirs frusquins... mes doigts qui glissent amoureusement sur son crâne... ses mains qui se resserrent fermement sur les miennes... nos lèvres qui s'emmêlent impétueusement... mon corps qui vibre contre le sien... nos bassins qui se rejoignent... ses bras autour de ma taille... sa bite dans mon con... la lenteur de nos mouvements... le rythme de nos souffles... la langueur du temps... la force du désir... oumf... mmmmmmmmm...

Zone érogène VII : Écran cathodique

L'intellectuelle que je suis aime décrocher de sa vie devant la télé, en pyjama, avec un gigantesque bol de chips.

Il n'y a pas trente secondes, les deux personnages étaient en train de se foutre des baffes colossales et de se lancer des injures fracassantes. Après l'avoir projeté violemment contre un mur et en le tenant toujours par le collet, l'héroïne se met à embrasser fougueusement son adversaire. Je lève un sourcil intéressé.

Zone érogène VI : Intemporalité

Ces temps-ci, j'ai une furieuse envie d'intemporel. J'ai le goût d'un espace où les heures ne s'écoulent pas, où le rythme n'est pas scandé par les jours, les semaines, les saisons. Un lieu sans commencement et sans fin. Un interstice indéfini, indéterminé. J'ai soif d'une scène où seuls le désir, l'envie dictent les mouvements, les avancées, les pauses, les retraits, le souffle, la tempête. J'ai envie de nuits blanches de baisers, d'éternité de caresses, de mots d'amour qui n'en finissent plus de se réénoncer, de soupirs sans fin. Une abondance lubrique, un puit sans fond.

Zone érogène V : Oumf

Certains parlent de chimie, d'électricité, d'autres, de phéromones. Pour moi, c'est le oumf. Le oumf, c'est ce qui fait qu'on manque cette réunion hyper ultra importante pour baiser tout l'après-midi. Le oumf, c'est ce qui fait qu'on abandonne lâchement les copines pour passer du temps avec lui. Le oumf, c'est ce qui fait qu'on mouille ses bobettes juste parce qu'il nous regarde.

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